Review – La zone du dehors

La zone du dehors.

Ce livre m’a été recommandé par un amis comme introduction au travail de cet auteur et c’est donc sans grand apprioris que j’ai entamé ce roman d’un demi millier de page. L’action se place en l’an 2084. L’humanité à conquis le système solaire mais a également plus ou moins détruit la Terre suite à une troisième guerre mondiale, les peuples de la Terre se sont donc mis à vivre dans des colonies à travers tout le système solaire et sur l’un des satellites de saturne une citée “idéale” s’est établie: Cerclon.

Dans cette ville les gens n’ont pas de noms comme vous et moi, non, leurs noms sont directement en relation avec leur place dans la société. A intervals réguliers les gens sont évalués, notés, etiquettés et catalogués. De ce classement, chaque homme et femme de Cerclon obtiens un poste et un nom.
Ainsi, la personne la plus importante de Cerclon (le président) s’appelle “A”, les plus importants ministres étant “B”,”C”,”D” etc. Moins vous êtes importants plus vous avez de lettres donc si vous vous appelez “XZPWSTU” c’est que vous êtes très mal placé. Comme vous pouvez vous en douter, cela veux dire que pour un même poste, les têtes changent régulièrement, mais le nom reste toujours le même. Bien sur, notre placement ne dépend pas que de vos aptitudes physiques et mentales “normales” mais aussi à votre aptitude à être un “bon citoyens” (payez vous vos impôts dans les temps? en avance? en retard? donnez vous régulièrement à des oeuvres de charités? faites vous partie d’une association? appelez vous la police si vous êtes témoin d’une agression? portez vous assistance à une personne en danger? etc etc)

Le livre suit la vie de “Captp”, proffesseur  à l’université et d’autres personnages haut en couleurs, chacun avec son caractère, ses idées, son passé et ses faiblesses. Et c’est là où j’ai accroché avec ce livre, Damasio réussit avec brio à dépeindre cette société imaginaire, ses habitants et son architecture. L’auteur arrive à insuffler de la vie dans ses personnages de manière assez poussé sans jamais avoir à “forcer” la chose. J’ai déjà lu des livres où la présentation de l’histoire du personnage faisait un peu “tiens voila son histoire”, comme si l’auteur faisait une pause dans son récit pour te tendre une fiche récapitulative. Damasio au contraire réussit à intégrer la présentation des personnages au fur et à mesure, présentant les informations importantes avant qu’elle ne soit requise mais intégrée dans le récit (soit depuis le point de vue d’un autre personnage, soit sous la forme d’anecdote, soit tout simplement en la glissant annodinement dans le récit). On découvre ainsi les personnages et leur histoire au fur et à mesure, comme un peintre peindrait un portrait, en rajoutant des détails au fur et à mesure.

Si au début de l’histoire c’est parfois un peu déroutant de passer d’un personnage à l’autre sans plus d’indication qu’une petite flèche, on finit rapidement par apprendre à reconnaitre le protagoniste (par exemple s’il y a une injure dès la première phrase, vous pouvez être presque sur que c’est Slift qui parle). Le rythme est également bien géré avec très peu de temps mort.

Mais alors de quoi parle le livre? Pour le moment j’ai décrit une société basée sur le mérite, récompensant les plus méritant sans jamais punir les éléments perturbateurs. Cette société pousse après tout  à se dépasser et à essayer de progresser dans la hiérarchie. D’autans plus que même en étant “mal placé” la vie sur cerclon est loin d’être pénible: l’oxygène y est abondant, l’eau n’est pas un problème, la nourriture non plus, les divertissements sont presque tous gratuits, etc etc.

Eh bien le livre parle de contrôle. Mais pas d’un contrôle comme nos sociétés ont pus l’expérimenter dans le passer, à coup de policiers abusifs, de fouilles, de censure, de tribunaux, d’armes ou de prisons. Non, le livre parle d’un contrôle “doux”, de tout les jours, diffus et surtout anonyme. Il n’y a pas de policier derrière chaque habitant, pas besoin puisque chacun rapporte les comportements anormaux de ses voisins pour gagner quelques points dans le classement. Il n’y a pas de censure ou de propagande pour forcer les gens à trouver l’action du gouvernement bien puisque faire preuve de sens critique te ralentit dans le classement. Il n’y a pas de police tout court d’ailleurs puisque tout le monde, pour quelques points dans le classement peut aller dans une “tour” pour regarder la ville entière et rapporter les comportements dangereux.

Et ce que raconte ce livre c’est comment cette situation s’est mise en place (avec des parallèle avec notre monde relativement inquiétants d’ailleurs), comment elle a évolué, changer et comment un groupe d’hommes et de femmes tentent de changer les choses.

Je ne spoilerait pas le livre car la tension est palpable jusqu’à la fin et que ça serait gâcher les moments d’anxiétés et interrogations.

Sachez juste que l’auteur est un anarchiste convaincu et que cela se sent à plusieurs moment du livre, cependant Damasio ne tombe pas dans le piège de présenter l’anarchie comme LA solution et ne la présente donc pas comme la solution parfaite qui solutionne tous les problèmes. Mais vous verrez par vous même comment ou pourquoi quand vous lirez le livre. Je préférais prévenir étant donné que cela peut en rebuter certains.

Pour résumer c’est une aventure humaine et sociétale très intéressante qui fait réfléchir à notre monde, ce vers quoi il se dirige et comment peut on l’influencer.

 

Bonne lecture à vous =)

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